Enquête en Afrique sub-saharienne (2004-2005)

Traitement de l’enquête FOAD menée auprès des apprenants d’Afrique Sub-saharienne inscrits dans une FOAD soutenue par l’AUF en 2004-2005

 1. Présentation de l’enquête

1.1. Echantillon

Pour mieux connaître les allocataires des FOAD proposées avec l’aide de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), nous avons réalisé, entre mars et juin 2005, une enquête quantitative et qualitative auprès des apprenants allocataires d’Afrique sub-saharienne (Afrique de l’ouest, Afrique centrale et Océan Indien). Ces derniers représentaient 78% (soit 360 apprenants) du total des allocataires en 2004-2005. Nous avons reçu 285 réponses et retenu 241 d’entre elles comme exploitables (soit environ 70% du total potentiel d’apprenants). Les réponses ont été analysées par l’AUF (Programme « TIC et appropriation des savoirs ») et par l’Université de Besançon (professeur Jean-Claude Manderscheid).

1.2. Méthode

Les données de l’enquête ont été traitées avec le logiciel d’analyse statistique SAS. Nous avons réalisé, dans un premier temps, un tri à plat sur l’ensemble de toutes les variables du fichier de données. Cela nous a permis de décrire comment les sujets se répartissent (effectifs et pourcentages) en fonction des modalités de chacune des variables.

Dans un deuxième temps, en fonction des hypothèses suscitées par les résultats du tri à plat, nous avons réalisé des tris croisés. Comme toutes les variables sont qualitatives (résultant de questions avec cases à cocher), tous les tris croisés ont donné lieu à des tableaux de contingence. Dans chacun des tableaux, nous avons choisi de retenir systématiquement comme information à l’intérieur de chaque cellule, l’effectif, le pourcentage en ligne et le pourcentage en colonne. Les tests utilisés pour observer les différences sont les tests du x2 et le test exact du Fisher bilatéral.

Le questionnaire laissait aussi la possibilité de réponses « libres » pour les apprenants. Ces réponses ont été traitées à part, sans l’aide d’un logiciel de traitement et, regroupées, avec l’aide de citations, en thématiques.

 2. Données brutes (tri à plat)

2.1. Qui sont-ils ?

61% des allocataires ayant répondu sont des professionnels en formation continue, 17% des étudiants et 6% des sans emploi (16% n’ont pas indiqué de statut).

2.2. Où suivent-ils leur formation ?

L’immense majorité des apprenants doit suivre sa formation dans plusieurs lieux.
63% d’entre eux suivent leur formation totalement ou partiellement dans un Campus numérique francophone. Ils sont 37% à suivre leurs cours en partie sur leur lieu de travail et 64% à devoir fréquenter un cybercafé (la plupart s’en plaignent, les cybercafés sont souvent assimilés à une difficulté technique). Seuls 20% d’entre eux assurent également utiliser une connexion Internet à domicile.

82% d’entre eux suivent leur formation à partir de la capitale de leur pays.

2.3. Quelles sont leurs motivations à suivre une FOAD ?

Plusieurs réponses étaient possibles mais ce qui se dégage explicitement, c’est qu’ils ont postulé dans l’optique d’une promotion professionnelle et pour améliorer leurs compétences (74%).

2.4. Quels sont pour eux les avantages de la FOAD ?

Plusieurs réponses étaient possibles mais certaines se dégagent.
Ils sont ainsi 95% à souligner que ces diplômes sont « reconnus internationalement » (ce qui peut être interprété comme une interrogation sur les diplômes locaux) et 83% à souligner que ces diplômes ne sont pas proposés localement (la non concurrence, la subsidiarité avec l’offre locale, voulues par l’AUF sont confirmées).
Entre 85 et 90% pensent que les FOAD vont améliorer leurs compétences professionnelles et permettent de former des cadres sur place.
68% des réponses mettent également en avant que la FOAD évite des déplacements coûteux à l’étranger et que cela permet de bénéficier de méthodes modernes d’apprentissage. Cette appréciation est confirmée par le fait qu’ils ne sont que 34% à préférer les méthodes traditionnelles d’enseignement à l’Université.
En revanche, ils ne sont que 33% à penser que les FOAD permettent de lutter contre la fuite des cerveaux, 39% à estimer qu’elles favorisent la formation des formateurs et 45% qu’elles permettront d’augmenter le nombre d’étudiants dans les Universités.

2.5. Que pensent-ils du coût de leur formation ?

Rappel : avec une allocation d’étude à distance, les apprenants sélectionnés doivent prendre en charge en moyenne 1/3 du coût de la formation (entre 150 et 1000 euros selon le diplôme), les 2/3 étant à la charge de l’AUF.

Ils sont 90% à estimer « normal » de payer pour une formation à distance, 75% à penser que ce coût est justifié et que c’est un investissement « qui en vaut la peine » mais seulement 54% trouvent justifié de payer plus cher un diplôme étranger qu’un diplôme local.

2.6. Que pensent-ils de leurs cours ?

Ils sont légèrement plus nombreux à estimer qu’une FOAD est plus exigeante scientifiquement et académiquement qu’une formation classique suivie dans leur pays que le contraire (50% contre 46, 4% ne « savent pas »).
Ils ne sont que 27% à trouver les cours « trop théoriques » (la plupart des diplômes proposés sont des formations professionnalisantes) mais 56% les estiment « trop lourds ». D’ailleurs, quand on leur demande leurs principales difficultés ils sont 74% à évoquer des problèmes de disponibilité (ce qui semble logique étant donné le statut professionnel de la plupart des allocataires).

Les formations proposées semblent être adaptées au public visé. Ils sont 88% à juger que les contenus pédagogiques proposés dans les formations ne sont pas éloignés des réalités de leurs pays. Toutefois, 69% estiment que leur formation serait plus facile si elle comprenait des études de cas, des travaux pratiques faisant référence à ces mêmes réalités locales.

2.7. Ils sont forts !

Ils sont 68% à penser qu’ils n’ont eu aucun problème d’adaptation à la FOAD, 96% à estimer que leur niveau initial d’études leur permet de suive sans problème leur formation et, corollairement, 78% à juger inutile la mise en oeuvre d’une évaluation initiale de leurs connaissances avant le démarrage d’une formation.

2.8. Que pensent-ils de leur encadrement ?

Le sentiment global sur la qualité de l’encadrement pédagogique des formations est mitigé (cette appréciation est précisée plus loin dans les tris croisés entre les réponses, notamment pour déterminer si les appréciations négatives concernent certaines formations ou certains modèles pédagogiques plus que d’autres).

Ils sont 55% à s’estimer « trop seul » ou « pas suffisamment encadré » contre 45% à juger qu’ils sont aidés par les enseignants et les autres étudiants. En fonction de cette appréciation, ils sont donc logiquement 70% à réclamer davantage de contacts avec leurs enseignants et 50% la possibilité de travailler en groupe avec d’autres étudiants.

Il faut cependant préciser cette demande consumériste au regard de questions plus précises, complétant cette première appréciation.

Ainsi, ils ne sont que 16% à estimer que les réactions des enseignants à leurs questions sont trop tardives et 33% à juger qu’ils n’ont pas assez de « retours » de la part des enseignants. 61% soulignent qu’ils obtiennent une réponse dans les 48 heures et 89% au plus tard dans la semaine. Ils sont 66% à estimer les critères d’évaluation et les consignes pédagogiques clairs.
Le suivi administratif est mieux évalué que le suivi pédagogique, ils sont 70% à préciser qu’ils reçoivent une réponse à leurs questions sur l’organisation administrative de la formation dans les 48 heures, 96% dans la semaine.

2.9. Appréciation globale

L’appréciation globale est très positive. Le questionnaire demandait en conclusion aux apprenants s’ils recommanderaient à leurs parents ou amis de suivre une FOAD. 95% ont répondu par l’affirmative.

 3. Données qualitatives (tri croisé)

Certaines réponses mettent en évidence des conclusions significatives (test x2 ou Fisher concluants), d’autres des tendances (avec une marge d’erreur potentielle supérieure à 5%). Les réponses ne permettant pas une exploitation (risque d’erreur trop importante ou données inexploitables à cause d’un trop grand nombre de réponses manquantes) n’ont pas été retenu pour commentaires.

3.1. Le coût des formations

Ce n’est qu’une tendance, mais il apparaît que les moins de 25 ans (des étudiants essentiellement) trouvent moins justifié que les plus âgés (qui ont sans doute un emploi) le fait de payer pour une formation à distance (c’est justifié pour 56% des moins de 25 ans et pour 75% des 26-40 ans).

Le rapprochement entre le statut des apprenants (étudiant ou salarié) confirme cette tendance. 30% des étudiants trouvent le coût des formations trop élevé, contre une moyenne de 20% pour les salariés (fonctionnaires ou du secteur privé). Seule catégorie socio-professionnelle à exprimer un mécontentement plus fort sur le coût : les enseignants. 44% le trouvent trop élevé, encore davantage que les étudiants !

Rappelons que ceux qui ont répondu au questionnaire sont des allocataires et que la majeure partie du coût de leur formation est prise en charge par l’AUF.

3.2. Les cours trop « lourds »

Le fait de trouver les cours trop lourds est significativement lié au souhait d’avoir plus de contacts avec les enseignants. En effet, 60% de ceux qui trouvent les cours « trop lourds » demandent davantage de contact avec les enseignants, et 81% de ceux qui ne trouvent pas les cours trop lourds ne souhaitent pas davantage de contacts avec les enseignants.
Mais, le fait de trouver les cours trop lourds est encore plus significativement lié au problème de disponibilité. En effet, 85% de ceux qui trouvent les cours trop lourds ont des problèmes de temps à consacrer à leurs études. Ceux là ne demandent pas davantage d’encadrement mais plus de temps. Entre les 60 % au dessus et les 85 % ici, il y a obligatoirement une bonne partie des sujets qui sont les mêmes. On peut donc penser que la demande de plus d’encadrement des étudiants leur laisse croire qu’ils iront plus vite dans leur travail. Il est aussi possible d’interpréter cette réponse comme une demande à avoir moins de travail...

« En France, une année de 60 crédits est en général obtenue en deux, voire trois ans par les étudiants qui ont une activité salariée. Il a été plusieurs fois conseillé aux étudiants d’Afrique de plusieurs formations d’étaler sur deux ans l’obtention d’un diplôme correspondant à 60 crédits. Malgré cela, un nombre très important de ces étudiants d’Afrique veut tout de même tenter l’impossible en se présentant à la totalité des UE, comme si l’obtention d’une UE était une sorte de jeu de hasard. Il y a là un manque de réalisme qui entraîne une saturation, voire des abandons » (Jean-Claude Manderscheid).

En revanche, il n’existe pas de lien significatif entre ceux qui avouent des difficultés techniques (connexion Internet ou maîtrise des logiciels) et ceux qui trouvent les cours trop lourds (36% seulement de ceux qui trouvent trop lourds les cours ont également des problèmes techniques).

3.3. Où rencontrent-ils des difficultés techniques ?

En moyenne, 54% des apprenants disent n’avoir aucune difficulté technique (58% pour ceux qui suivent leur formation sur leur lieu de travail, sans doute ceux qui manipulent le mieux l’informatique et qui ont une connexion Internet).
En revanche, ceux qui doivent se rendre dans un cybercafé mentionnent significativement plus souvent des difficultés techniques (73 % d’entre eux). Il ne s’agit pas de lieux dédiés à la formation, il y est quasiment impossible d’y installer des logiciels spécifiques et, contrairement à un campus numérique francophone de l’AUF, on n’y trouve pas d’aide et de conseil en cas de difficultés informatique.

3.4. Quelles formations suivent ceux qui demandent davantage de travail en groupe ?

Sont uniquement indiquées ici les formations dont la grande majorité des apprenants allocataires ont répondu. Les réponses expriment une tendance.

Le contraire aurait été surprenant et inquiétant : les formations dont le modèle pédagogique repose sur un fort travail collaboratif et/ou de groupe (master UTICEF, Licence Assistant réalisateur multimédia, DESU TIC et développement par exemple) sont celles dont les étudiants demandent le moins de travail en groupe supplémentaire (25% ou moins).

En revanche, de 45 à 63% des étudiants suivant une formation à distance en droit et en économie réclament davantage de travail en groupe, ce qui semble correspondre à une demande générale plus forte de contact et d’encadrement.

Quelles formations suivent ceux qui demandent davantage de contacts avec les enseignants ?
Il s’agit ici d’une liaison significative qui vient confirmer la tendance observée sur la demande de travail en groupe.

De 67 à 90% des apprenants des formations en droit et en économie souhaitent davantage de contact avec leurs enseignants.

Il s’agit ici vraisemblablement d’une mise en question du modèle pédagogique de ces formations qui n’offrent apparemment pas suffisamment de suivi pédagogique aux étudiants, pas assez de tutorat ou tout simplement de communication entre enseignés et enseignants.
C’est aussi, de la part des apprenants, la confirmation que l’enseignement en ligne ne signifie pas la disparition des enseignants, bien au contraire. L’éloignement et la solitude des apprenants doivent être compensés par un encadrement fort.

Confirmations supplémentaires et c’est une réponse significative :

  • 65% de ceux qui ne demandent pas plus de contacts avec les enseignants, s’estiment aidés par leurs tuteurs et les autres étudiants.
  • 68% de ceux qui s’estiment trop seuls ou insuffisamment encadrés disent obtenir une réponse de l’encadrement pédagogique dans un délai d’une semaine (88% au-delà d’une semaine).

Le croisement entre les deux affirmations ci-dessus et les formations suivies donnent des tendances confirmant le sentiment sur les formations en droit et, à l’inverse, sur celles basées sur le travail collaboratif :

  • 58% de ceux qui suivent une diplôme en droit et qui se sentent trop seul ou insuffisamment encadrés disent obtenir des réponses dans un délai d’une semaine ou plus.
  • 80% des apprenants du DESU TIC et développement et 100% de ceux d’UTICEF obtiennent des réponses dans un délai égal ou inférieur à 48 heures et une immense majorité des apprenants de ces deux formations s’estiment aidés par leurs enseignants et les autres étudiants.

3.5. Quelles formations suivent ceux qui s’estiment trop seuls ou insuffisamment encadrés ?

Il ne s’agit ici que d’une tendance qui vient à la fois nuancer et confirmer les deux questions précédentes concernant les formations en droit et en économie.
La quasi totalité des étudiants d’une formation en droit ont répondu. Ils étaient 81% à demander davantage de contacts avec les enseignants et ils sont 70% à se sentir trop seuls ou insuffisamment encadrés.
A l’inverse, les apprenants des formations reposant sur le travail collaboratif sont plus positifs : 91% de ceux d’UTICEF s’estiment aidés par leurs enseignants et les autres étudiants.

 Synthèse des commentaires en « champs libres » remplis par les étudiants allocataires

195 des 241 réponses retenues comportent un commentaire qui va au-delà de la simple confirmation d’avoir effectivement rempli le questionnaire. Pour observer les réponses il faut tenir compte du statut de ceux qui ont répondu : seuls les étudiants bénéficiant d’une allocation d’étude à distance de l’AUF ont rempli ce questionnaire. Il faut aussi tenir compte de l’hétérogénéité des pratiques pédagogiques de ces formations ; les commentaires en rendent implicitement compte, pas la synthèse ci-dessous.

Ces commentaires « libres » ne sont cependant pas sans intérêt. L’immense majorité des candidats sélectionnés se déclarent satisfaits, à la fois de leur formation et de l’enseignement à distance.

Problèmes de coût, de connexion et de disponibilité

Classique : les principales critiques ou problèmes évoqués concernent le coût des formation, la disponibilité et les problèmes de connexion à Internet.

Il sont ainsi une quinzaine à trouver leur formation trop cher. Encore que beaucoup ne réclament que de pouvoir étaler leurs règlements :

  • « C’est trop cher, ou il faut baisser les prix pour avoir davantage d’étudiants ou il faut pouvoir étaler les paiements comme cela se passe dans les universités privées. Ce serait moins contraignant ».
  • « La FOAD est une bonne trouvaille à mon avis mais le coût de la formation sans allocation est trop élevé pour les étudiants d’Afrique ».
  • « Je suggère que l’on revoie le coût afin de permette à tout le monde de participer ».

Ils sont une trentaine à signaler et à demander que l’on tienne compte de leurs difficultés à se connecter régulièrement à Internet ou des répercussions financières que cela implique pour eux. Les CNF ne suffisent pas à répondre à toutes les demandes : les 2/3 de ces étudiants sont des professionnels en situation de formation continue et les horaires des CNF ne correspondent pas toujours à leurs besoins.

Les apprenants ont aussi classiquement du mal à concilier leur formation et leurs obligations professionnelles. Mais c’est problèmes sont plus aigus que dans le Nord en raison de la faible connectivité et de l’absence de dispositifs qui permettraient à l’apprenant de faire reconnaître et accepter par son employeur sa situation.

  • « Pour ma part j’apprécie une telle formation. Le seul problème que j’ai, c’est un problème technique. Les tuteurs et profs ne tiennent pas compte de notre manque de matériel chez-nous en Afrique. Cela arrive que l’on manque complètement de connections ».
  • « Très bonne initiative, mais il faut penser a ceux qui n’ont pas facilement accès a Internet et qui sont loin des centres de l’AUF. Il faut penser a mettre les cours sur papier cela permettra nous qui suivons les cours d’un cyber café et de ne plus avoir à payer pour se connecter ».
  • « Nos heures de pointe au bureau coïncident avec celles du campus numérique. Le campus devrait rester ouvert après la descente pour que nous puissions y venir travailler à la descente. Sinon les cyber sont trop occupés ».

Problème de connectivité, mais aussi problème d’aménagement et d’organisation de son temps. Difficile d’expliquer à son patron ou chef de service que l’on souhaite utiliser la connexion du bureau. Aucun (hors certains enseignants) apprenants ne semble avoir bénéficié d’une aide financière de son employeur, ni d’une disponibilité. Comme la plupart du temps, il d’agit d’une démarche individuelle et qu’il n’est pas possible de s’arrêter de travailler, le temps nécessaire à la formation devient difficile à trouver.

  • « Donnez la possibilité de suivre la formation sur 18 mois ».
  • « J’ai l’impression qu’on nous demande trop de choses et la pression est trop forte. A mon avis il faudrait tenir compte davantage des contraintes techniques ».
  • « A mon avis, une très bonne formation pour le contenu, mais le temps nécessaire à y consacrer (15 heures/semaine) est sous évalué et de plus la liberté d’organiser sont temps de travail que l’on attend d’une formation à distance n’y est pas ».
  • « La formation en soi est intéressante. L’inconvénient réside dans la gestion du temps. Plusieurs de ceux qui suivent la formation travaillent également à plein temps et ont une famille à gérer, ce qui préjudicie à la qualité (et aussi la quantité) du temps consacré à l’étude ».
  • « Moi, je suis en fonction dans une société de téléphonie mobile GSM où ma charge de travail ne permet pas toujours de m’adapter au programme des études. Il faudrait à l’avenir envisager ce fait pour ne pas léser d’autres apprenants ».

Synthèse dans cette apostrophe : « Soyez large, car cette formation est généralement adressée aux personnes dont le temps est trop précieux ».

Problème d’accès à l’information scientifique et technique

Le problème d’organisation du temps peut être considéré comme classique, celui de la connectivité également. S’ajoute une difficulté spécifique aux apprenants du Sud : l’accès à la documentation.

  • « L’équipe pédagogique doit renforcer l’encadrement des étudiants des pays pauvres qui manquent cruellement une documentation idoine sur place ».
  • « Nous espérons que les conditions extrêmement difficiles de nos pays pauvres soient prises en compte. La recherche documentaire et autres informations sont très difficiles compte tenu de disfonctionnement de notre administration et de l’absence des moyens ».
  • « La formation à distance a des avantages indéniables, mais il faudrait penser à l’avenir, à mettre à la disposition des apprenants, des supports pédagogiques suffisants afin que ces derniers aient une formation complète dans leur discipline ».
  • « Je pense qu’il serait bien que les étudiants disposent d’une bibliothèque pour la documentation nécessaire ».

Ils sont ainsi une quinzaine à signaler la difficulté à se procurer des ouvrages ou articles, complémentaires de leurs cours et indispensables à leur formation. « Fracture scientifique » et numérique se conjuguent.

La reconnaissance des diplômes

Il sont également une dizaine à mettre en avant des problèmes liés à la reconnaissance des diplômes suivis dans leurs états respectifs. Ce souci exprimé ne concerne que les D.U.

  • « Il est important que nos Universités nationales soient impliquées dans la formation afin que le problème de l’équivalence du diplôme soit facilement réglé ».
  • « Bien vouloir s’assurer de l’intégration du diplôme à distance dans le cursus académique et professionnel du pays de l’étudiant. Sinon, pratiquement il ne tire pas d’avantage de son diplôme ».

Etre enseigné à distance

Une douzaine d’apprenants (seulement) expriment le souhait de rencontrer physiquement leurs professeurs et tuteurs.

  • « Personnellement, j’aurai aimé être en présence d’un enseignant car cela facilite la compréhension ».
  • « Revoir le système d’encadrement ; donner la possibilité de contact téléphonique au moins une fois par mois ».
  • « Je solliciterai que des séances de regroupement soit organisées pour déjà se connaître et réaliser des travaux pratiques ».
  • « Il serait intéressant que l’AUF aide les étudiants en cours de formation à se retrouver selon les régions pour échanger, travailler ensemble pendant quelques jours sous l’égide de quelques enseignants dans le cadre de la formation ».
  • « Au moins un présentiel pour permettre aux enseignants et étudiants de se connaître, de se toucher, de se voir dans la réalité ».

Le choix du tout à distance fait encore douter certains de la qualité de la formation. Ils sont quelques uns à demander des tuteurs locaux.

  • « Pour accorder plus de crédibilité à cette formation, il serait opportun pour nous de souvent envoyer des professeurs au moins une fois dans les pays où ces formations sont suivies pour prendre contact avec les étudiants ».
  • « Initier des stages pratiques sur place pour les étudiants ainsi que de désigner les tuteurs directement dans le pays de l’étudiant ».
  • « La formation à distance n’est vraiment efficace que lorsqu’elle est appuyée par des tuteurs locaux qui sont chargés de guider les étudiants dans leur formation ».

Mais l’immense majorité exprime surtout une satisfaction. L’une des réponses comportait ce slogan : « Allez de l’avant l’Afrique en a besoin ! ».

  • « Nous pensons que la formation à distance est une belle opportunité qui est offerte aux étudiants et aux travailleurs de faire des études dans des conditions souples et adaptées et d’obtenir des diplômes de renommer internationale à moindre coût ».
  • « La formation m’a beaucoup aidé et m’a permis de découvrir un certain nombre de choses de l’évolution actuelle de l’Inforoute. Je ne suis donc plus un « analphabète » ».
  • « De façon générale, la formation à distance que vous nous dispensez nous soulage à plus d’un titre : elle a l’avantage d’être discrète, économique et surtout spécifique ».
  • « J’espère que nos points de vue seront bien pris en compte. Nous sommes très fiers d’être entendus. Nous gardons l’espoir que des reformes seront apportées pour que ces formations soient plus utiles à nos pays en développement ».
  • « Je pense qu’il s’agit là d’une opportunité supplémentaire pour les couches défavorisées surtout des pays du Sud. Et que même si l’on peut faire face à certaines insuffisances, les méthodes de cours à distance demeurant perfectibles, chacun doit y mettre du sien ».
  • « La formation à distance est plus qu’une aubaine pour les professionnels en Afrique ».
  • « Je pense que la formation à distance est à encourager à plus d’un titre ; surtout ici en Afrique. Car elle nous donne les même chances d’acquisition de savoir et de savoir faire que nos frères occidentaux ».
  • « La formation à distance est une bonne chose surtout pour nous, étudiants des pays du Sud qui, sur place, rencontrons diverses difficultés liées notamment au peu de formations disponibles et au cadre dans lequel celles-ci sont organisées quand elles existent ».
  • « J’espère que la formation à distance est une structure pérenne afin que l’accès à ce genre de formation puisse réellement répondre à l’attente des pays qui en bénéficie ».
  • « Je reste persuadé que la formation à distance servira toujours hautement nos pays en voie de développement ».

Ils sont cependant quelques uns à vouloir poursuivre par un enseignement plus traditionnel :

  • « Je suggère qu’il soit précisé les possibilités de faire d’autres diplômes « supérieurs » après l’obtention des diplômes de la formation à distance ».
  • « Les diplômes devraient à partir d’un certain pourcentage entraîner un droit pour une formation de niveau supérieur dans la même filière et conduire pour les plus méritants à un doctorat plus classique ».

En résumé, pour la plupart d’entre eux, il s’agit d’une « bonne initiative qui nous facilite la vie » mais qui demande cependant « bien des efforts, du courage et de la détermination » ainsi que « de la discipline et surtout de la volonté d’apprendre ».